2 oct 11

La spiritualité est-elle soluble dans le raisonnement ?

par Wilfrid
Wilfrid

Ceux qui parcourent ce blog peuvent se demander pourquoi je l’ai intitulé « La quête spirituelle », alors que mon but semble de vouloir ferrailler contre le concept de spiritualité. La contradiction relève du simple point de vue.

Il existe au moins un domaine de la connaissance dans lequel une sorte d’autodestruction représenterait un gage de succès : la recherche médicale. Sa raison d’être est de lutter contre les maladies, avec à terme l’espoir de les vaincre totalement. Mais qu’arrivera-t-il lorsqu’elle aura atteint son objectif, comme on peut raisonnablement penser que tel sera le cas dans quelques milliers d’années ? Aura-t-elle passé tout ce temps à scier la branche sur laquelle elle était assise ? En quelque sorte oui, ce qui ne l’empêche nullement de poursuivre son œuvre avec obstination et dévouement.

Si la recherche médicale a pour vocation ultime d’en terminer avec elle-même, ce qui sera perçu de sa part comme une formidable victoire, pourquoi la quête spirituelle ne poursuit-elle pas le même objectif ? Dans les deux cas il s’agit de vaincre un obstacle au bien-être, que ce soit la maladie ou la souffrance psychologique. La lutte contre la maladie nécessite une action dans laquelle l’humanité s’est engagée probablement dès les premiers âges, grâce à l’acquisition de connaissances sur les vertus thérapeutiques des plantes. Mais dans le même temps, la peur que lui inspiraient les forces de la nature, à cause de son impuissance à s’en protéger, l’engageait dans la voie de la soumission et de l’adoration. Car aucune action n’est possible dans ce cas, il n’existe aucun remède capable d’éliminer la peur causée par un environnement dont on ne maîtrise ni les changements ni les soudains accès de colère, comme il n’en existe aucun capable d’éliminer la peur liée à l’incertitude du lendemain. Une telle conception de la nature, par définition hostile, conduit inévitablement à l’invention d’une entité supérieure qui la présiderait et dont les sautes d’humeur représenteraient autant de punitions à des comportements censés lui déplaire. La solution la plus évidente consistait dès lors à dresser l’inventaire des comportements malvenus, puis celui des méthodes visant à apaiser le courroux qu’ils suscitent, par des offrandes notamment. Le plus étonnant est que cette attitude d’esprit a perduré ; aujourd’hui encore une grande partie de l’humanité se répand en offrandes faites aux dieux censés tenir les rênes de sa destinée, afin que celle-ci en soit améliorée. Le concept de spiritualité relève lui-même, pour une part importante, de cette peur ancestrale de ce que l’on ne maîtrise pas et auquel il est convenu de soumettre sa volonté. Chercher à plaire à Dieu, s’en remettre aux saints, prier dans l’espoir d’obtenir quelque bienfait, se conformer à certaines règles de vie, tout ceci relève du profond désir d’éviter les foudres de l’entité supérieure en laquelle on croit et dans laquelle on place tous ses espoirs d’une vie meilleure, ici ou ailleurs. Le but est d’éviter la punition pour au contraire bénéficier de la récompense, sujet que les prédicateurs maîtrisent et qu’ils contribuent largement à perpétuer dans les esprits.

La spiritualité repose sur la peur, mais plus encore, sur l’impuissance à traiter celle-ci. On peut traiter la plupart des maladies, on en a déjà vaincu grand nombre, mais la spiritualité n’est jamais parvenue à vaincre la peur, elle n’a fait au contraire que l’entretenir. La contradiction existant entre le fait de nommer un blog « La quête spirituelle » et le fait d’y inclure ce type d’article n’est, je le répète, qu’apparente. Il y a contradiction si la peur et le mal de vivre ne sont pas perçus comme une maladie de la psyché, ce qui implique l’absence de tout traitement possible, la guérison ne pouvant relever que d’une volonté qui nous dépasserait et au bon vouloir de laquelle nous serions soumis. Il n’y a par contre aucune contradiction dès lors qu’on regarde notre peur et notre mal de vivre comme relevant de notre propre responsabilité, c’est-à-dire causés par notre propre pensée, et la spiritualité comme le moyen que nous avions trouvé d’y échapper. De ce moment, celle-ci tombe tout naturellement de son piédestal, ce qui représente une étape nécessaire sur le chemin de l’émancipation de la conscience. De ce point de vue, dénier toute vertu à la spiritualité doit être considéré comme s’inscrivant dans une démarche spirituelle évolutive, et non pas comme une critique stérile.

22 sept 11

Une explication de texte

par Wilfrid
Wilfrid

Je viens de recevoir un email dans lequel un lecteur me fait remarquer…

19 sept 11

La bonne attitude d’esprit (1)

par Wilfrid
Wilfrid

Voici une série de huit vidéos dans lesquelles Krishnamurti s’exprime en français :

Vidéos

Elles ne sont pas récentes, probablement des années 70. Je ne sais qu’en penser. Pour qui connaît l’enseignement de K, lequel n’a pas fondamentalement varié depuis ses origines, il est difficile de retrouver dans ces vidéos toute…

19 sept 11

La bonne attitude d’esprit (2)

par Wilfrid
Wilfrid

Il semble donc que tout accès à la vérité spirituelle soit interdit à l’homme. On pourrait rester sur cette conclusion et en déduire qu’il est désormais préférable de s’occuper de son potager plutôt que de spiritualité, car ce sera nécessairement plus gratifiant. Mais une autre possibilité nous est offerte, qui consiste à poser les bonnes…

31 mai 11

L’inconsistance des croyances

par Wilfrid
Wilfrid

Imaginons le scénario suivant : au cours d’une promenade dans la campagne un vaisseau extraterrestre se pose non loin de moi, et un humanoïde en sort. Je me dissimule derrière un buisson pour l’observer jusqu’à son redécollage. Encore bouleversé je retourne en ville, où le besoin d’un petit remontant guide mes pas vers le café…

26 avr 11

Est-ce grave, docteur ?

par Wilfrid
Wilfrid

Il existe une maladie humaine dont la cause est unique mais dont les symptômes pourront varier d’un individu à l’autre parce qu’elle atteindra des organes différents, si bien que la diagnostiquer est souvent très difficile : c’est la maladie de Lyme, causée par la piqure d’une tique.

De la même manière, il existe chez…

19 avr 11

La possible disparition du temps

par Apsidis
Apsidis

Il existe une forme de méditation qui consiste à faire disparaître – temporairement -  l’impression du temps. Le terme de méditation n’est peut être pas bien choisi, il s’agirait plutôt d’une pratique qui permet d’obtenir une certaine « condition d’esprit », un changement de point de vue.

Ce dont il s’agit, c’est simplement de réaliser que le…

19 avr 11

L’enseignement incompris

par Wilfrid
Wilfrid

Comme toutes les religions, le christianisme possède un fond de vérité, qui dans son cas est l’enseignement non conceptualisé de Jésus-Christ. Les religions sont le fruit de l’interprétation des paroles d’un illuminé, ce que Jésus était, tout comme le Bouddha l’était avant lui. Quel être éveillé a-t-il jamais manifesté le désir de fonder une religion ? Aucun. Il m’est…

29 mar 11

La notion de progrès

par Wilfrid
Wilfrid

Toute démarche spirituelle est associée à un désir de certitude dont la question de l’objet ne se pose pas, car ce n’est pas la certitude de quelque chose en particulier que nous recherchons, mais le fait d’être débarrassés de nos doutes. Nous pouvons changer de croyance ou d’idéologie aussi souvent que nous le désirons, et…

23 mar 11

Les Perses

par Wilfrid
Wilfrid

Le concept de moment présent est très à la mode. Plusieurs enseignants spirituels s’en sont faits les interprètes, surtout le très médiatisé Eckhart Tolle. Pourtant il demeure bien souvent une source de méprise. L’importance de le vivre n’étant pas perçue avec suffisamment d’acuité, il est tout simplement intellectualisé, rationalisé, cessant ainsi de relever d’une action…

18 mar 11

Le penseur et la pensée

par Wilfrid
Wilfrid

Je me suis un jour demandé comment le penseur pouvait comprendre la pensée, et je me suis alors rendu compte que je posais sur elle un jugement a priori. J’ai pu en effet lire quelque part, ou entendre dire, que la pensée était foncièrement néfaste et qu’en m’en rendant maître – tel Lao-Tseu chevauchant son…

16 mar 11

Une ronde sans fin

par Wilfrid
Wilfrid

Il existe un aspect de la psyché humaine dont le rôle est incompris : la pensée. Et comment le pourrait-il, d’ailleurs, puisque pour comprendre la pensée il faut raisonner, si bien qu’en réfléchissant à ce qu’elle représente elle est contrainte de boucler sur elle-même ! C’est un système fermé car, lorsqu’il s’examine lui-même, c’est toujours…

9 mar 11

Le poteau indicateur

par Wilfrid
Wilfrid

Dans mon article précédent, « Un esprit sous influence », je parlais de l’ascendant que sont susceptibles de prendre les lectures spirituelles sur nous. Etant donné que chaque auteur – qui peut être un enseignant spirituel – présente les mêmes faits sous un éclairage différent, varier ce type de lecture peut résulter en une véritable…

7 mar 11

Un esprit sous influence

par Wilfrid
Wilfrid

Il arrive qu’un film laisse une vive impression sur soi, allant jusqu’à durer plusieurs heures. Il en est de même avec les livres, surtout lorsqu’ils traitent de spiritualité ; le sentiment que passagèrement ils gravent dans l’esprit peut être retrouvé à chaque lecture, quelquefois même lorsqu’elle n’est que partielle. C’est la raison pour laquelle, après avoir compris que les croyances…

4 mar 11

Une fragile certitude (1)

par Wilfrid
Wilfrid

Les croyances religieuses ne sont pas une exigence naturelle. Aucun être humain n’est à sa naissance pourvu de croyances, ni même doté du besoin de croire en quoi que ce soit. Pour les jeunes enfants le monde est ce qu’il est, ni plus ni moins, et pour cette raison ne représente ni danger ni source…